Témoignages-Essais-Entretiens

Un catholique s’est échappé

de Jean-Pierre Denis (Éd. du Cerf, 2019)

On aurait pu croire éteintes les grandes voix catholiques. En voici une qui sort des décombres pour tonner que Dieu est Dieu dans ce livre qui répond enfin à la crise spirituelle que traversent l’Église, la France et l’Europe. Rompant avec la logique de l’excuse, récusant la dissolution comme la crispation, révoquant les tentations de la naïveté et de la médiocrité, Jean-Pierre Denis dresse le plus lucide et le plus implacable des constats sur la déchristianisation. Et y voit une chance pour l’Évangile qui jamais ne s’impose et qu’il faut sans cesse apprendre à recevoir. C’est à une foi attestataire, tissée dans le témoignage intime de sa vie, qu’il en appelle ici. Une attestation qui fait fi des préjugés établis, qui se nourrit des rencontres improbables, qui sait être attentive aux signes prophétiques. Et qui, sans être donneuse de leçons, en revient immanquablement à l’unique testament du Golgotha et de Pâque, source de la seule contre-culture qui soit réellement subversive. Porté par une plume parfois aiguë, souvent inspirée, toujours sensible, ce récit d’une émancipation qui est aussi un manifeste de la libération s’adresse à chaque homme et chaque femme d’aujourd’hui qui se sentent prisonniers de la tragédie d’exister. Et veulent s’en affranchir.


La liberté s’apprend, un destin birman

de Naw Ja Gawlu avec Fanny Cheyrou (Éd. Bayard, 2018)

L’histoire de Naw Ja (prononcer Nodja) est bouleversante. Issu d’une famille ultra déshéritée, dans la jungle birmane, d’une ethnie minoritaire et persécutée, chrétien en pays bouddhiste, il voudra apprendre, aider les autres, fonder une école dans son pays. Fanny Cheyrou, grand reporter, l’a rencontré en Birmanie et l’a aidé à raconter sa vie et son destin exceptionnel. On découvre les risques immenses qu’il accepte de prendre pour retrouver son père, sortir de l’isolement et de la pauvreté, défier à sa façon la dictature. Naw Ja sait parler de sa vie contrairement à de nombreux jeunes de sa génération qui ont été assommés par la dictature. Les  » Unes  » de nos journaux français sur la Birmanie ne parlent que de la partie visible de l’iceberg. A l’intérieur du pays, les bavures de l’armée ne font pas un bruit, l’  » épuration ethnique  » dénoncée n’avait pas eu lieu que chez les Rohingyas. Naw Ja témoigne de la façon dont sa minorité Kachin a été traitée en Birmanie ces dernières décennies, son récit reflète de façon édifiante l’histoire de son pays.


Religieuse, pourquoi ?

de Nathalie Becquart avec Marie-Lucile Kubacki (Éd. Salvator, 2017)

Qui n’a pas rencontré dans sa vie une religieuse marquante par son dévouement et sa bienveillance ? Les sœurs apostoliques ont ainsi beaucoup contribué à l’évangélisation de l’Occident en s’investissant dans des missions éducatives, caritatives et sanitaires. Seulement les temps changent. Beaucoup de leurs activités se sont sécularisé e s. Les congrégations religieuses traditionnelles peinent à recruter et blanchissent sous le harnais. Certaines même ferment leurs portes. Sans décoller son regard de ces réalités difficiles, Soeur Nathalie Becquart croit qu’un avenir est bel et bien possible si on retrouve l’ardeur et la créativité apostolique des origines et qu’on les adapte aux défis contemporains à relever. La passion et la confiance qui l’animent, elle les puise dans son parcours personnel, dans les attentes qu’elle perçoit chez les jeunes et dans une foi en l’avenir qu’elle nomme espérance.


Ne nous oubliez pas ! Le SOS du patriarche des chrétiens d’Irak

de Mgr Sako avec Laurence Desjoyaux (Éd. Bayard, 2015)

L’histoire des chrétiens en Irak a deux mille ans. Elle est peut-être en train de se terminer, dans la douleur et les persécutions. C’est le cri d’alarme, lancé par Mgr Louis Raphaël Sako. Il en appelle à la conscience de tous les gens de bonne volonté avant qu’il ne soit trop tard. Dans ce témoignage poignant, le patriarche des chaldéens raconte le calvaire des dizaines de milliers de chrétiens en Irak, chassés, soumis à la terreur de Daesh. Il montre l’importance pour l’Église et pour l’Irak, de la présence des chrétiens dans ce pays et défend le vrai dialogue entre les religions, celui qui cherche à comprendre le point de vue de l’autre, à le respecter et à l’approfondir. Une urgence qui concerne tous les peuples, toutes les religions.


Évêque sous Kadhafi

de Giovanni Martinelli avec Samuel Lieven (Éd. Bayard, 2015)

  » Je vois enfin la Libye en couleurs. Les couleurs de son drapeau. Les couleurs de la Liberté.  » Mgr Giovanni Martinelli, né en Libye, prêtre franciscain puis évêque, œuvre dans ce pays depuis plus de quarante ans. Imprégné dès son plus jeune âge de la culture du désert et fin connaisseur des réalités libyennes, il a noué avec la population locale de forts liens d’amitié. Il a traversé le renversement du régime kadhafiste aux côtés des Libyens et porte un regard singulier sur ces heures où tout a basculé. Il poursuit aujourd’hui, avec un nouvel enthousiasme, son œuvre au service de l’Église, des Libyens les plus démunis et en faveur du dialogue interreligieux.

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